La naissance de la « Brasserie de Colmar »
L’époque allemande (1871-1919) marque un tournant important pour Colmar, qui devient une grande ville de garnison. Cela entraîne une forte demande en bière et, par conséquent, une multiplication de la production. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1919, trois brasseries locales – Bilger & Schmidt, Acker-Brau-Reiner, et Molly – fusionnent pour fonder la Brasserie de Colmar, dont le siège social est situé rue de la Cavalerie.
Expansion et Croissance
En 1925, la brasserie construit une usine capable de produire 80 000 hectolitres par an. Cette expansion rapide témoigne du succès de l’entreprise dans la production et la distribution de ses bières. En 1932, la brasserie devient une société anonyme sous le nom de Brasseries et Malteries de Colmar, avec une production annuelle de 115 000 hectolitres.
La Crise et la Seconde Guerre Mondiale
La crise économique de 1935 oblige la brasserie à déposer son bilan, mais une réorganisation lui permet de maintenir ses activités jusqu’en 1939. Lors de l’occupation allemande, la brasserie est mise sous séquestre, et ses actionnaires ne récupèrent leurs parts qu’à la libération.
La Lutte des Grands Groupes Brassicoles
Dans l’après-guerre, la Brasserie de Colmar se trouve impliquée dans la compétition qui se joue entre les grands groupes de brasserie. En 1969, elle fusionne avec trois autres brasseries (L’Espérance, Mutzig, et C.K. Perle), créant ainsi le groupe Albra (Alsacienne de Brasserie). Ce groupe devient un acteur majeur de l’industrie brassicole en Alsace.
Le Rachat par Heineken et la Fermeture
Cependant, en 1972, le groupe Albra fait l’objet d’une offre publique d’achat par le géant néerlandais Heineken, ce qui entraîne la fermeture de l’usine colmarienne en 1975 et sa démolition par la suite. À cette époque, l’usine produisait encore 120 000 hectolitres de bière et 80 000 hectolitres de limonades et sodas.
Un héritage qui perdure
Bien que la production ait cessé, l’héritage des Bières de Colmar perdure dans la mémoire des Colmariens et au-delà. Cette riche histoire nourrit, depuis notre relancement de la marque « Colmar » en 2002, des initiatives modernes qui rendent hommage à cet héritage brassicole et perpétue l’esprit d’une bière authentique et de son ancrage fort.
Rayonnement de la Brasserie de Colmar
Présence nationale et exportation
Dans les années qui suivent sa création et après la seconde guerre mondiale, les bières de Colmar connaissent une popularité croissante, notamment grâce à une identité de marque forte et à leur présence dans des restaurants alsaciens à Paris. Ces établissements jouent un rôle clé dans la diffusion de la culture gastronomique alsacienne et contribuent largement à la reconnaissance des bières de Colmar sur la scène nationale.
Des marques comme « Colmar Pils », « Bières de Colmar », et « Colmar Spéciale » deviennent emblématiques et les bières ne se contentent pas de conquérir le marché local et national. Des archives collectées depuis plusieurs années suggèrent que la production était également exportée vers les pays germanophones et anglophones, ce qui témoignait du rayonnement international de la brasserie.
Une identité visuelle forte
La Brasserie de Colmar se distingue par son image de marque soignée. Les étiquettes de ses bières, souvent ornées de motifs distinctifs et de logos soignés, témoignent de l’attention portée à l’esthétique. Les plaques émaillées, les sous-bocks et autres objets publicitaires sont toujours très recherchés par les collectionneurs et sont preuves d’une identité visuelle forte qui alliait tradition, modernité et impact visuel.
Des Apparitions au Cinéma
La renommée des bières Colmar dépasse même les frontières du secteur brassicole pour s’immiscer dans la culture populaire, notamment à travers des apparitions dans des films iconiques. Ces moments cinématographiques témoignent de l’impact culturel et symbolique de la marque Colmar, bien au-delà de son rôle de brasseur. Un prochain article détaillera ces apparitions marquantes.
Sources :
Ville de Colmar, « Le point colmarien », no 244, octobre 2015.
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